L’opération Overlord désigne les manœuvres militaires qui conduisent les troupes alliées des plages de Normandie aux rues de Paris. Plus de trois millions de soldats français, américains, britanniques, canadiens et australiens prennent part à ces neuf semaines de combat, soutenus par une impressionnante logistique pilotée depuis l’autre côté de la Manche.

Nom de code : opération Overlord

Les livres d’histoire ont baptisé cet épisode la « bataille de Normandie », mais c’est le nom de code « opération Overlord », sans doute plus romanesque, qui reste finalement dans les mémoires. Elle englobe une longue série de manœuvres alliées visant à reconquérir progressivement la Normandie jusqu’à atteindre la capitale française occupée depuis plus de quatre ans.

Le débarquement de Normandie (ou opération Neptune) n’est que le prélude de l’opération Overlord. Au soir du 6 juin, les Alliés ont réussi à prendre position sur les plages normandes, mais il leur faut désormais avancer dans le bocage normand et établir des positions suffisamment stables pour être en mesure d’avancer vers l’Est en direction des frontières allemandes.

Reconquérir Caen et Cherbourg en priorité

Les Alliés marchent sur Caen dès le jour du débarquement. La ville est considérée comme une place forte stratégique. Sa prise permettrait aux barges qui assurent le ravitaillement d’accoster plus sereinement au niveau de l’estuaire de l’Orne. Elle compromettrait également le fonctionnement de la logistique allemande et la mainmise de l’Axe sur les plaines avoisinantes.

Mais si le débarquement a pris les défenses allemandes par surprise sur les plages de Normandie, la ville est solidement défendue. Les Alliés arrivent aux portes de Caen dès le jour J : ils y sont accueillis par des tirs d’artillerie et une division blindée SS bien décidée à ne pas céder un pouce de terrain.

Trois assauts successifs seront menés entre le 7 juin et le 7 juillet 1944, date à laquelle les Alliés procèdent à un bombardement d’une intensité sans précédent : c’est cette avalanche de bombes qui vient finalement à bout des forces d’Hitler.

Cherbourg est l’autre objectif prioritaire sur le plan stratégique : la ville offre le port en eaux profondes dont les Alliés ont besoin pour débarquer la logistique nécessaire à l’entretien de ce nouveau front. Onze jours après le débarquement, ils arrivent à encercler la ville et isoler les troupes allemandes qui y sont réfugiées. La reddition interviendra le 26 juin 1944, après quatre jours de combats intenses et de nombreuses pertes humaines dans les deux camps.

Overlord : la reconquête, de la Bretagne à Paris

Les phases suivantes de l’opération Overlord permettent aux Alliés d’avancer vers l’Ouest, jusqu’à progressivement reprendre aux Allemands la Bretagne et les pays de la Loire. Rennes est libérée le 4 août grâce à la percée réalisée quelques jours plus tôt par la colonne de blindés américains du général Patton.

Vers l’Est, les forces alliées sont emmenées par le général Eisenhower, qui deviendra plus tard le 34e président des Etats-Unis. L’objectif premier est de marcher vers la frontière entre la France et l’Allemagne, pour enfoncer les défenses allemandes et mettre à mal l’approvisionnement géré depuis l’autre côté du Rhin en atteignant le bassin industriel de la Ruhr.

La question de la libération de Paris reste un moment en suspens : dans l’esprit d’Eisenhower, la ville ne présente finalement que peu d’intérêt sur le plan stratégique. Le général de Gaulle et d’autres le convaincront cependant de joindre ses forces à celles de l’insurrection déclenchée par la Résistance. La capitale française est progressivement reprise entre le 19 et le 25 août 1944, date à laquelle de Gaulle prononcera le discours d’où est extraite la célèbre tirade « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! ».

La libération de Paris marque symboliquement la fin de la bataille de Normandie et de l’opération Overlord.